Jacques et Mylène par Les 26000 Couverts à Ramonville

Jacques et Mylène. Une farce à l’époque moderne ! C’est la superbe énergie de deux comédiens qui interprètent six personnages, tour à tour en personne et à travers des marionnettes Barbie et Ken : effet comique garanti ! Une scénographie simple mais efficace qui rappelle le théâtre de boulevard, un rythme soutenu, des situations cocasses et du rire tout du long. La pièce ne manque pas de prise de recul et de clins d’œil au public, entre les parodies de tirades cornéliennes pour des intrigues du type Feux de l’amour et la scène où Jacques proclame « Mais non Mylène il n’y a pas vraiment de garage, on est au théâtre ! ».

Jacques et Mylène

Jacques et Mylène c’est aussi une critique absurde et drôle de la société moderne. On commence par une scène qui donne le ton : un romantisme niais cassé par le pragmatisme d’un mari qui planifie le budget de son foyer au centime près. Madame qui vend des aspirateurs Putilex vient nous rappeler ce matérialisme insupportable (on se croirait revenus aux pubs Moulinex des années 50 !). Et surtout, on s’offusque des rapports homme – femme.  Mylène nous agace, elle qui se laisse faire, femme au foyer parfaite, bonne poire sans ambition et éternellement amoureuse, on a envie de la secouer ! Les hommes n’en parlons pas, ne pensent qu’à l’argent ou au sexe, à part éventuellement le pauvre Jacques qui se retrouve gentil parmi les gros durs et un peu ridicule. Jacques et Mylène nous attendrissent finalement, impuissants et trop doux dans un monde capitaliste et machiste.

Seule critique qu’on aurait à faire : le grotesque va trop loin, entre les scènes de viol exubérantes et les coups de théâtre à répétition tirés par les cheveux.  On comprend que c’est le propre de la farce et que c’est une manière de rendre hommage à ce style mais il y a quelque chose là-dedans qui  m’ a laissée dubitative.

En tous les cas, ce fut très intéressant de voir un autre spectacle programmé par Arto et cette fois-ci en intérieur ! D’une certaine manière, il m’a rappelé Babylloon et l’accordéoniste de style guinguette du vendredi soir du festival, à travers ce côté farce, décalé, étonnant. Mais Arto programme bien d’autres styles de spectacles, d’une autre poésie!

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