Restitution de l’après-midi de la journée M.U.S.E (Marine Charoy et Ariane Pasquet)

Table ronde n°1: Présentation du mémoire de Robin et Antonin :

 

  • En quoi la gratuité dans la musique est facteur de développement pour les artistes ?

  • Les modes de consommation de la musique ont changé avec l’avènement du numérique : quelles en sont les conséquences sur la consommation ?

  • Aujourd’hui on parle davantage d’ ”accès” que de “possession” de la musique, quelles en sont les conséquences sur la visibilité de l’artiste ?

 

Ce mémoire de recherche cadre son analyse sur les artistes en phase de développement. A l’issue de leurs recherches ils ont constaté que l’utilisation des plateformes de téléchargement illégal avaient un impact positif sur les ventes numériques et physiques.

 

L’expérience de Robin en tant qu’artiste :

  • Marketing viral : Il poste ses réalisations sur deux plateformes : accès libre, gratuit dans le but de créer du buzz

  • Système de don : une chanson en échange d’un “like” ou d’un mail

 

Le Problème de gestion du droit d’auteur peut devenir un avantage pour un jeune artiste : Robin a été victime du détournement de ses œuvres sur différentes chaînes et il ne toucha aucun droit d’auteur. Pourtant cela lui a tout de même permis d’accroître sa notoriété. Par ailleurs, il a fait le choix de poster ses musiques sur les plateformes de téléchargement illégal. Le but était d’optimiser la diffusion de sa musique et susciter l’intérêt dans le but final d’augmenter le nombre de “play” sur soundcloud. En effet, ce nombre de “play” confère une plus grande crédibilité à l’artiste face aux professionnels du métier.

L’expérience d’Antonin en tant que fondateur d’un label :

Son Label a été fondé il y a 3 ans et n’est composé que de bénévoles, le but étant de pouvoir rémunérer les artistes normalement. Antonin a d’abord constaté qu’être uniquement présent sur les plateformes légales ne permettait pas de dégager suffisamment de fonds. Le label a donc conçu son offre de musique dans une logique de dons contre dons, puisque celui qui reçoit une contrepartie se mobilise plus facilement pour les artistes.  Ainsi, pour télécharger un morceau, l’internaute doit “liker” la page Facebook.

 

Table ronde n°2 : Présentation du mémoire de Mélanie Rupert

Les plateformes de streaming musical : le mode de consommation 2.0 de la musique

Un partage de la valeur inéquitable au détriment de l’artiste : une rémunération moindre des artistes

 

De multiples interrogations :

  • Bouleversement de la chaîne de valeur de l’industrie

  • Mode de rémunération des artistes au prorata

Conclusion :

  • La fin du cycle de vie du support d’écoute physique

  • Une nouvelle configuration du marché : baisse de la valeur du disque

  • Modèle traditionnel de rémunération des plateformes de streaming

 

Remarque : les données récoltées sur les utilisateurs sont monnayables à des tiers, est ce que cela fait partie des revenus à redistribuer ?

 

Table ronde n°3 : Big data, goût musical et segmentation marketing: que disent les méta-données sur nos identités culturelles ?

 

Masanelli Hélène, Responsable marketing digital chez Sony Music Entertainment France

De quelle manière sont utilisées les données ?

A l’origine le marketing est très artisanal, il n’y a pas d’étude de marché et on ne connaît le public qu’en fréquentant les salles de concerts.

Aujourd’hui on utilise beaucoup les réseaux sociaux pour collecter des données ainsi que Google analytics qui permet d’établir des profils socio-professionels, des situations géographiques… Le but de ces données est de comprendre qui s’intéresse à un artiste pour en optimiser la communication et le marketing.

Ce travail est essentiel vu le contexte économique, il faut adresser la bonne œuvre à la bonne personne au bon moment. C’est d’autant plus important aujourd’hui du fait du développement du “branding”, il faut impérativement associer le bon produit au bon artiste.

 

Etude réalisé sur 3 ans pour segmenter les différents consommateurs de musique

 

3 tendances :

  • 13-25 : aucune personne n’est indifférente à la musique

  • Usages et comportements très disparates

  • La musique se consomme de plus en plus de manière mobile

 

4 groupes de consommateurs et 29 segments :

  • Fans : 14% de la pop française (regroupe 10 segments)

  • Les enthousiastes : 20% se fonde sur les recommandations des fans

  • Casuals : 30% la musique n’est pas une priorité, ils y consacrent moins de temps que pour le sport : ils écoutent des artistes connus

  • Les indifférents : 34% découvrent la musique par les anciens canaux

 

Jean-Samuel Beuscart, Chercheur au sein du laboratoire SENSE à Orange Labs

Usages du streaming : diversité consommée et effets de la recommandation

 

Les enquêtes menées sur le sujet révèlent que les utilisateurs apprécient la recommandation : ils la jugent utile et lui attribuent un degré élevé de confiance. Les mauvaises notes ont plus d’impact que les bonnes sur les ventes. Les recommandations portent principalement sur les produits “stars”, les produits déjà connus et dans une moindre mesure, les produits de niche, qui vont recevoir un nombre d’avis supérieur à ce qu’on pourrait en attendre statistiquement. D’où une « courbe en J » des avis. Quant à la manière de noter des internautes, on observe beaucoup de très bonnes notes et quelques très mauvaises, mais peu de moyennes. Se produit également un effet de sentier : plus la première note est bonne, plus les suivantes ont des chances de l’être ; idem pour une mauvaise note. Ce qui pose problème pour l’offrant et par conséquent pour le business model du site.

 

Le fonctionnement des outils de recommandation est un enjeu crucial pour comprendre la distribution de la notoriété. D’un côté, il existe une corrélation nette entre l’évaluation et l’audience d’un contenu . De l’autre, les blogs les plus populaires (A-list) ont tendance à beaucoup s’entre-citer, tandis que les blogs moins notoires citent les blogs connus sans être cités par eux. Ainsi, les mécanismes de recommandation réticulaire tendent à renforcer (plutôt qu’atténuer) une exposition inégale des contenus au profit de biens “stars”.

 

Laurent Laffont, Thèse sur les Dynamiques des parcours de goûts musicaux

A conduit une enquête quantitative entre septembre 2013 et juin 2014 sur 2000 jeunes entre 15 et 25 ans. Les questionnaires furent administrés par des élèves de 2nde et Première.

L’objet de l’étude : évaluer les goûts musicaux des jeunes publics.

( préférences musicales, mode d’écoute, contexte d’écoute, la capacité de recommandation)

 

Conclusion:

  • Les artistes les plus cités par les jeunes (+ de 10 citations) : Stromae, Eminem, Daft Punk, Maître Gims.

  • 75% des artistes cités durant les entretiens font partie du top 20 des ventes.

  • Les genres les plus citées : Pop/ Electro/ Rock / Rap/ Soul / Reggae

 

 

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