Vincent Bolloré fait marche arrière dans son opération de conquête d’Ubisoft

Beyond good and evil


Après une assemblée générale scrutée par tous les observateurs, Vivendi a renoncé à entrer dans le conseil d’administration d’Ubisoft, fleuron français de la création du jeu vidéo.


Créé en 1986 par les cinq frères Guillemot et aujourd’hui troisième éditeur indépendant de jeu vidéo au monde, Ubisoft se définit comme une entreprise ayant une culture de liberté de création très forte.

C’est pourquoi on a pu assister à une levée de bouclier de la part des créatifs de l’entreprise lorsque Vivendi, qui était rentré par surprise il y a un an au capital de l’entreprise bretonne et qui détient aujourd’hui environ 20% des parts (contre 13% pour les fondateurs), a émis le souhait de soumettre son entrée au conseil d’administration au vote des actionnaires. La prise de contrôle progressive de Bolloré sur la société pourrait en effet entraîner un départ massif des talents à l’image de ce qui est arrivé à Canal.

Au dernier moment, Vivendi a fini par effectuer un rétropédalage en renonçant à demander la présence d’un ou deux administrateurs le représentant au conseil, dans une volonté d’apaisement. Mais cela ne signifie pas pour autant que Bolloré va enterrer définitivement ses prétentions sur la société connue dans le monde entier notamment pour la création des licences Assassin’s Creed et Lapins Crétins. Affaire à suivre donc…

Une semaine après ce conseil d’administration agité, Ubisoft vient d’officialiser le projet de suite pour le jeu Beyond Good and Evil, développé en 2003 en France par Michel Ancel et son équipe.

Un jeu qui, malgré des ventes initialement décevantes, avait marqué les esprits dans la durée par la finesse de son gameplay, l’originalité de son univers et surtout par les thématiques politiques et sociétales audacieusement soulevées par l’histoire de Jade, la photographe rebelle. La protagoniste du jeu est d’ailleurs l’un des premiers personnage vidéo-ludique féminin à n’être ni dépendant des hommes (à l’instar de la fameuse princesse Zelda) ni hyper-sexualisé (à l’exemple de Lara Croft). Les joueurs attendront donc ce « BGE2″ avec impatience, en espérant qu’une éventuelle prise de contrôle de Bolloré n’empêchera pas Michel Ancel, le créateur de Ray Man, de réaliser une suite aussi artistiquement ambitieuse que le premier opus.

http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2016/09/29/ubisoft-vivendi-les-enjeux-d-une-assemblee-generale-sous-haute-tension_5005381_1656994.html

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/09/13/les-fondateurs-d-ubisoft-echafaudent-leur-muraille-face-aux-ambitions-de-vivendi_4996941_4408996.html

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/06/09/yves-guillemot-nous-ne-laisserons-pas-vivendi-casser-ubisoft_4944403_3234.html

http://next.liberation.fr/images/2016/10/07/le-retour-annonce-d-un-jeu-video-culte-et-feministe-et-francais_1520313

http://objectifaquitaine.latribune.fr/innovation/2016-09-14/le-meilleur-studio-francais-de-jeux-video-est-bordelais.html

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