#Presse : Prix Renaudot pour un livre à charge contre L’Obs

Après la publication de son livre « Le Monde Libre », Aude Lancelin, ex-directrice adjointe de la rédaction de L’Obs a reçu le prix Renaudot le 3 novembre 2016. Dans son livre, à charge contre son ancien employeur, l’auteur dénonce l’influence des actionnaires sur la ligne éditoriale, les connivences entre les médias et les politiques, ainsi que son licenciement à cause de ses convictions radicales.

Cette récompense pourrait être banale, si elle n’avait pas été appuyée en coulisse par Franz Olivier Giesbert et Patrick Besson, respectivement ex-directeur et chroniqueur du Point, principal concurrent de L’Obs. En effet, faire à nouveau parler de ce livre via la remise du prix était une aubaine pour ce journal. De plus, le jury du prix Renaudot compte également Jérôme Garcin, patron du service culture de L’Obs, qui a donc assisté à la consécration d’un livre qui dégrade son journal. Besson ne s’est d’ailleurs pas arrêté là : sur le site du Point, il a fait les éloges du livre « Le Monde Libre », le décrivant comme un « texte brûlant et scintillant que doivent acquérir d’urgence tous les gens ayant ou ayant eu la passion du journalisme ».

A L’Obs, les réactions sont tout à fait différentes. Un journaliste interrogé par Libé reconnaît le mal qu’à pu faire Aude Lancelin avec son livre : « C’est rageant de voir Aude aller défendre son livre dans les colonnes du Journal du dimanche, donc chez Lagardère, ou chez Bourdin sur RMC, donc chez Drahi », également propriétaire de L’Express ainsi que de Libération. « Tous ces gens sont ravis de nous chier dans les bottes et Aude le sait très bien. Je comprends qu’elle soit en colère, mais elle a encore des amis dans le journal, qui vivent grâce à lui. Dans son livre, elle n’a aucune phrase pour saluer le travail des gens de la rédaction. Elle a décidé de brûler la baraque ».

De plus, la situation économique du journal L’Obs est loin d’être excellente. En un an, les ventes ont chutées de 15%, passant de 450 000 à 382 000 exemplaires par semaine en moyenne. Ainsi, un cadre du journal comment que le directeur de rédaction n’est pas le seul responsable, « c’est aussi le marché. On vit une crise économique ». Dernièrement, la direction a dû lancer un plan social préparant le départ volontaire de 42 personnes (dont 38 journalistes) en décembre. Que ce soit économiquement, ou politiquement avec le livre d’Aude Lancelin, l’ambiance chez L’Obs est donc devenue catastrophique. La réputation du journal ayant été entachée, il va être difficile pour celui-ci de s’en remettre pour le moment.

L’affaire Aude Lancelin et son licenciement est donc toujours bien présent dans les esprits. Et, grâce à ce prix, Le Point a réussi a prouver que tous les moyens sont bons pour achever un rival, déjà en fort déclin.

http://www.ojim.fr/prix-renaudot-a-aude-lancelin-fog-et-besson-a-la-manoeuvre/

http://www.liberation.fr/futurs/2016/11/02/l-obs-est-un-loup-pour-l-obs_1525754

 

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