L’actu du #spectacle vivant: Timofeï Kouliabine révolutionne le répertoire russe au TNT

Le jeune metteur en scène russe Timofeï Kouliabine plonge la grande scène du TNT dans un silence majestueux pendant plus de 4h, à l’occasion de la première toulousaine de la pièce Les Trois Sœurs, d’Anton Tchekhov.

Timofeï Kouliabine/Victor Dmitriev

Timofeï Kouliabine/Victor Dmitriev

Après avoir connu un franc succès au théâtre de l’Odéon à Paris, pour la première française de l’adaptation Les Trois Soeurs à l’occasion du Festival d’Automne à Paris, l’équipe russe entrainée par le prometteur metteur en scène Timofei Kouliabine, s’installe sur la scène du TNT pour une série de 4 représentations.

Il s’agissait sans aucun doute de la pièce à ne pas manquer ces derniers jours à Toulouse !

La pièce Les Trois Soeurs et l’une des pièces la plus jouée du répertoire russe depuis sa création en 1901 par Stanislavski. Kouliabine en tant qu’enfant prodige de la scène russe, et à seulement 31 ans, s’attaque donc à un monument, et on peut le dire, pas de la façon la plus aisée !

Le jeune metteur en scène, réalise un coup de maître, en réalisant un de ses rêve, une pièce de théâtre sans qu’aucune parole ne soit prononcée par les comédiens. La pièce est entierement jouée en langue des signes russe, et surtitrée en français. Ainsi le texte de Tchekhov prend ici toute sa résonance, on en oublie même son côté un peu désué.

Ces Trois Soeurs sont alors jouées par des comédiens qui ne sont ni sourds ni muets et qui ont réalisé un travail titanesque de préparation, en apprenant pour l’occasion la langue des signes utilisée en Russie.

 

 

« Retirées dans une petite ville de garnison après la mort du père, Macha, Olga et Irina Prozorov rêvent du paradis moscovite de leur enfance et veulent s’extraire de ce temps qui passe dans la grande demeure familiale et, lentement, érode les espoirs de changement. L’attente d’un renouveau se fait pressant… »

 

 

Le spectateur entre dans une expérience théâtrale hors du commun, dans laquelle les échanges entre les comédiens deviennent une véritable chorégraphie. Après un premier acte qui peut sembler quelque peu difficile, le temps de comprendre les enjeux du langage signé pour la pièce et le rôle de chacun sur scène, nous nous trouvons transportés dans un autre espace temps, durant lequel seul le décor et les déplacements des comédiens génèrent du son.

La scénographie est également pensée dans les moindres détails. Sur une seul plateau nous nous retrouvons dans la maison familiale des Prozorov: un salon, une salle à manger ou se trouve une grande tablée, trois chambres ainsi qu’un bureau, le tout délimité par de simples tracés blancs fluorescents, qui prennent toute leur importance lorsque le plateau est plongé dans le noir pendant deux actes.

Le travail de Kouliabine est majestueux. Il réussit à réinventer le répertoire russe. La pièce n’est pas destinée à couvrir une action socio-culturelle à destination d’un public handicapé. La volonté est au contraire que la pièce soit accessible à tous les publics.

Timofeï Kouliabine, nous présente ainsi Tchekhov comme nous ne l’avions jamais entendu !

SOURCES:

http://mobile.lemonde.fr/scenes/article/2017/10/09/theatre-trois-s-urs-reprises-en-mains_5198121_1654999.html

https://www.franceinter.fr/amp/theatre/les-trois-soeurs-d-anton-tchekhov-mise-en-scene-timofei-kouliabine-a-odeon-theatre-de-l-europe-du-5-au-15-oct-2017

http://www.lefigaro.fr/theatre/2017/10/09/03003-20171009ARTFIG00188-les-trois-soeurs-sans-la-voix-de-leur-maitre.php

http://next.liberation.fr/amphtml/culture-next/2017/10/07/tchekhov-comme-on-ne-l-avait-jamais-entendu_1601482

 

 

Laisser un commentaire