L’#environnement: un sujet d’exposition privilégié par les institutions parisiennes?

La nature est un sujet récurrent dans l’Histoire de l’Art, mais on peut constater aujourd’hui un regain d’intérêt pour ce thème de la part des grands musées et monuments parisiens. En effet, la nature ou plutôt la relation qu’entretient l’Homme avec celle-ci intervient dans le choix même des sujets d’exposition. En 2017, après les expositions Au-delà des étoiles – Le paysage mystique de Monet à Kandinsky au Musée d’Orsay et Jardins au Grand Palais, deux autres grandes institutions parisiennes ont décidé d’orienter une partie de leur programmation culturelle vers cette thématique.

Recréer l’environnement au Musée national des arts asiatiques – Guimet 

Le MNAAG héberge depuis le 18 octobre 2017 une œuvre étonnante de Jayashree Chakravarty dans le cadre de la cinquième carte blanche contemporaine du musée. Au sein de la rotonde du quatrième étage, l’artiste indienne a mis en place une installation végétale monumentale intitulée La Terre pour refuge : sous la canopée d’amour. Ce nom poétique renvoie à la nature même de l’installation : un cocon fragile et vulnérable, formé par de grandes toiles de papier népalais sur lesquels des éléments végétaux sont apposés à la manière d’un herbier. La lumière extérieure, pénétrant par les fenêtres de la rotonde, donne une atmosphère mystérieuse et solennelle à l’intérieur de l’installation où le visiteur se rend naturellement. En plus des végétaux, des mouches, des scarabées et des fourmis sont dessinés sur les parois de ce cocon, renforçant  ainsi l’impression de se trouver au sein d’un refuge naturel, à l’abri de l’extérieur. Les œuvres de Jayashree Chakravarty s’articulent principalement autour de la question de l’environnement par le biais de la monumentalité. Témoin de l’urbanisation exponentielle de Calcutta, elle considère la nature comme une source d’apaisement et de réconfort qu’il faut respecter et protéger du fait de sa vulnérabilité. Ainsi, si l’installation évoque un sanctuaire une fois que l’on s’y trouve à l’intérieur, sa forme extérieure est bien celle d’un insecte squelettique, comme un fossile. La problématique principale de l’œuvre est donc celle d’habiter la Terre, mais aussi de la préserver.

Jayashree_Chakravarty_1© Jayashree Chakravarty / Courtesy Akar Prakar Art / Photographie de Pierre Primetens

Créer dans l’environnement naturel des jardins du château de Versailles

Du 22 octobre 2017 au 7 janvier 2018, le château de Versailles propose Voyage d’hiver, un parcours d’art contemporain unique dans les bosquets du jardin dont le commissariat relève du Palais de Tokyo. Cette initiative s’articule autour d’un élément, la lumière naturelle qui évolue de l’automne à l’hiver.  Sous un prisme chaque jour différent, le visiteur peut admirer sous l’effet des mutations saisonnières dix-sept créations contemporaines s’articuler avec les œuvres commandées par Louis XIV. A la manière de l’oeuvre de Franz Schubert à laquelle le nom du parcours fait référence, cette promenade poétique invite le visiteur à constater les mutations de la nature, de l’automne colorée à l’hiver minéral. Loin de revendiquer ouvertement des enjeux environnementaux comme au MNAAG, cette initiative souligne toutefois la beauté et la subtilité de l’environnement naturel, comme si l’on voulait rendre hommage à l’essence même de la majesté des lieux. 

John Giorno, We gave a party for the gods and the gods all came, 2017

SOURCES:

« Carte Blanche à Jayashree Chakravarty, un véritable manifeste à la nature. », Exponaute, 18/10/2017

« Carte blanche à Jayashree Chakravarty », MNAAG

« Au château de Versailles, Voyage d’hiver met l’art aux bosquets », Le Figaro, 21/10/2017

Espace presse du château de Versailles