#Not Surprised : Les femmes du monde de l’art contemporain prennent la parole

Knight Landesman in London in 2015. Photograph: David Levene for the Guardian

Elles sont plus de 7000 artistes, galeristes, curatrices et autres à avoir dénoncé dans une lettre ouverte les traitements que subissent les femmes dans ce secteur. Le cas de Knight Landesman est évoqué explicitement ; cet éditeur désormais démissionnaire du magazine Artforum est poursuivi pour harcèlement sexuel envers une employée qui avait à l’époque 21 ans, comme le rappelle le New York Times. Cependant, la lettre ouverte cherche surtout à dénoncer les abus de pouvoir dont sont victimes les femmes dans ce milieu. En effet, c’est à travers la socialisation que des opportunités se présentent et l’utilisation de leur position de force par des curateurs, galeristes, mécènes ou collectionneurs pour oppresser les femmes pose un réel problème. Aussi, la lettre s’attache à dénoncer l’hypocrisie de certaines institutions clamant leur soutien à la cause féministe mais perpétuant des pratiques inacceptables en leurs murs.

Knight Landesman – Julie Glassberg for The New York Times

The Guardian fait le lien avec l’affaire Weinstein qui touche le monde du cinéma et -  comme dans cet autre cas – c’est le haut de l’iceberg qui est découvert. La lettre prend d’ailleurs soin de nous rappeler que la démission de l’homme de pouvoir qu’est Knight Landesman ne résout pas le problème structurel de la branche de l’art et de ses rapports de pouvoir parfois malsains, qui touche des femmes dans le monde entier comme le rappelle LCI.fr.

 

Enfin la lettre au ton pragmatique et factuel parvient à des conclusions non moins pratiques : la libération de la parole n’est pas l’objectif final, il s’agit d’une remise en cause du système de fonctionnement très précis pour gérer ces abus comme les « groupes de travail » destinés à résoudre les conflits mais qui perpétuent ce que LCI qualifie d’ « omerta ». Le titre de la lettre, « Not Surprised » fait référence à l’œuvre de Jenny Holzer intitulée « Abuse of power comes as no surprise », comme le relève Libération, une phrase claire et forte réutilisée sous diverses formes plastiques.

 

Jenny Holzer – Twitter @Not_Surprised1

 

Le changement de position de l’équipe d’Artforum qui a initialement défendu son directeur avant de s’engager à améliorer l’environnement de travail au sein du magazine montre un chemin qui sera peut-être suivi par d’autres acteurs de ce domaine. En attendant, il faudra certainement plusieurs années avant de constater les effets potentiels de cette prise de parole sur les institutions culturelles et leurs structures de pouvoir.

Sources:

- la lettre
- The Guardian à propos de K. Landesman
The New York Times à propos de K. Landesman
- AFP à propos du mouvement « Not Surprised »
- LCI
- Libération

 

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