Regards d’hommes et corps de femmes, sociologie de l’amour au #cinéma #féminisme #amour

Rhaaaa, « l’amour, l’amour, l’amour! » L’amour avec un grand A, l’amour fou, l’amour vache, l’érotisme et le porno, les amourettes, le premier amour… On pourrait continuer comme cela longtemps. Ce n’est pas pour rien que l’amour est le sujet le plus filmé de l’histoire du cinéma.

Cependant, bien que ce sujet implique deux êtres (ou plus), un homme et une femme en général, c’est trop souvent un regard masculin qui s’applique au sujet. En une phrase : Regards d’hommes et corps de femmes, Sociologie de l’amour au cinéma (pour reprendre avec humour le titre de l’ouvrage de Jean-Claude Kaufmann). Et si on changeait de point de vue ?

Cette semaine, j’ai décidé de m’intéresser au regard que portent les femmes sur l’amour, la manière dont elles le mettent en scène et l’incarnent à l’écran, proposant une nouvelle vision. J’ai sélectionné quelques exemples, comme celui de Sara Forestier, réalisatrice, scénariste et comédienne qui vient de sortir son premier long métrage, M. Elle y dévoile un film personnel et intimiste, sur l’amour perçu comme « expérience de vie ». Une histoire d’amour tout en délicatesse, n’hésitant pas à montrer la vulnérabilité des personnages, à les mettre à nu.

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Lors de son interview pour l’émission Stupéfiant, elle refuse d’ailleurs d’être maquillée et coiffée afin de montrer sa vision du féminisme : « Une femme a le droit de faire ce qu’elle veut et on doit respecter ses choix. Pour moi, le plus important dans tout ça, c’est qu’on respecte le désir de la femme. » Pour elle, filmer l’amour, c’est laisser place au désir de la femme, le laisser s’exprimer hors des codes et des normes. Etre sincère et montrer de véritables émotions, celles qu’on a tous connues lors d’une relation amoureuse: se découvrir soi-même face à l’autre, la peur de l’abandon, vouloir plaire, être en colère car on n‘arrive pas à progresser. Voici ce que Sara Forestier a voulu montrer et non l’image édulcorée des histoires d’amour hollywoodiennes, d’un homme qui séduit une jolie femme. Ici, l’amour se construit à deux, à travers confrontation et complicité.

(Pour la bande-annonce qui file des frissons, c’est par ici )

J’ai également trouvé intéressant d’aborder un autre genre, celui de la pornographie. Originairement très masculin, un cinéma d’homme, fait par des hommes pour les hommes, mettant en scène le désir masculin en ignorant celui de la femme, ce genre est aujourd’hui pris d’assaut par des femmes comme la réalisatrice Erika Lust, réalisatrice de films érotiques. Dans un interview du 14 novembre pour le Huffpost en partenariat avec Le Monde, elle déclare : « Le porno, qui est un fantastique miroir de notre société, montre de façon flagrante l’étendue de cette pratique violente de la sexualité qui nie le plaisir et le consentement des femmes ». En opposition à un porno machiste de mauvais goût, multipliant les clichés basés sur la soumission de la femme à l’homme, mettant en scène le corps de la femme à disposition du plaisir masculin, elle propose un cinéma érotique féministe comme avec son court métrage indépendant, The Good Girl. Voici les quatre points qu’elle défend dans ses films :

-  le plaisir des femmes compte

-  le cinéma pour adulte peut être cinématographique

-  la nécessité d’une diversité de corps, d’âges et d’ethnies

-  l’éthique des procédés de production

Erika Lust

Elle souligne aussi l’importance du regard féminin qui se traduit en plaçant des femmes derrière la caméra à tous les postes clefs.

Malheureusement, peu de femmes sont reconnues pour leur travail derrière l’écran. Par exemple, seule Tonie Marshall a reçu l’oscar du « meilleur réalisateur » (rien ne vous choque?) pour son travail de réalisatrice avec Vénus Beauté en 2000. On vous conseille d’ailleurs son dernier film sorti en septembre, Numéro Une. Il reste encore du chemin à parcourir pour changer les regards, que ce soit ceux des réalisateurs, des institutions et des… spectateurs !

 

SOURCES :

http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18668640.html

http://www.huffingtonpost.fr/author/erika-lust/

http://www.huffingtonpost.fr/erika-lust/femme-et-realisatrice-de-films-pornos-voici-comment-je-combats-le-harcelement-sexuel_a_23275410/

https://www.youtube.com/watch?v=COaMJgg1pzU

http://focus.levif.be/culture/cinema/tonie-marshall-il-faut-oser-se-redire-feministe/article-longread-751561.html

http://focus.levif.be/culture/cinema/tonie-marshall-il-faut-oser-se-redire-feministe/article-longread-751561.html

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