Chilla – Un discours féministe : L’effet d’une bombe dans le #rap français

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Chilla, de son vrai nom Maréva Rana, 23 ans et originaire d’un petit village du Jura, vient de sortir « Karma », son premier EP 10 titres. Disponible depuis le 11 novembre, ce dernier a été encensé par la presse, grâce à ses textes ouvertement tournés contre le sexisme et les stéréotypes liés aux femmes. Chilla, repérée et produite par Tefa, le producteur du paysage musical français aux multiples succès (de Diam’s à Vald), fait une entrée remarquée dans un univers musical régit par les hommes et le machisme, où les femmes sont considérées uniquement pour leur physique et comparées à des objets.

Pour la première fois dans le rap français, une artiste pour la défense des droits des femmes

Avec son discours totalement inédit dans le rap français, Chilla affirme néanmoins : « J’ai pas la prétention de changer les choses avec ma musique. Il commence à y avoir un éveil des consciences par rapport à la condition des femmes, au manque de parité et d’égalité, ça va aller en s’améliorant ! ». Parmi les titres de « Karma » figure par exemple « Si j’étais un homme », un titre qui dénonce « certains comportements abusifs que certains hommes ont envers les femmes » en inversant les rôles.

Pour faire écho à la libération de la parole depuis les révélations de l’affaire Harvey Weinstein, rappelons qu’il y a en France chaque année, 225 000 femmes victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part du conjoint et 84 000 femmes victimes de viols ou tentatives de viol.

 

Une femme de lettres qui défend la langue du rap français

Dans l’actualité récente, une autre femme s’est faite remarquée dans le milieu du rap français, non pas pour un positionnement féministe, mais de par son statut et son approche du rap. Aurore Vincenti, a sorti au mois d’octobre un ouvrage nommé Les Mots Du Bitume. Cette linguiste contemporaine, qui se concentre beaucoup sur la sonorité des mots, enseigne de manière ludique les codes de la langue du rap français. Pour la rédaction de ce livre, Aurore s’est beaucoup inspirée des textes de Nekfeu, Jazzy Bazz, Mc Solaar ou MHD. Sa passion pour le rap est réelle : en effet, elle écoute du rap depuis 5 ans et cite Booba, La Rumeur, Guizmo, Oxmo Puccino ou NTM, parmi ses écoutes régulières.

Aurore décrit ce désir d’écrire cet ouvrage de la façon suivante : « Ces mots [de la culture rap] me faisaient marrer, je trouvais qu’ils avaient un rythme, une énergie, c’était hyper communicatif. Cela m’a donné envie de faire des recherches approfondies sur le sujet et je me suis vite rendue compte que le rap était l’endroit où je pourrais arriver à mes fins. » Une approche originale et à contre-courant, elle rappelle que « Cela n’a pas amusé tout le monde que je mette du rap sur France Inter à sept heures du mat’. »

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Ces deux exemples peuvent nous faire réfléchir à l’importance de l’ouverture culturelle du rap aux femmes.

 

Sources :

http://www.rtl.fr/girls/identites/chilla-rappeuse-a-la-plume-sans-pitie-contre-le-sexisme-7790973531

https://www.booska-p.com/new-chilla-rappeuse-et-humaniste-portrait-n82213.html

http://stop-violences-femmes.gouv.fr/Les-chiffres-de-reference-sur-les.html

https://thebackpackerz.com/aurore-vincenti-jai-passe-5-ans-a-ecouter-rap-a-lire-genius/

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